
Notre histoire
Les Ailes d'Ava, l'origine
Avant d'être une association, Les Ailes d'Ava, c'est avant tout Ava. Voici son histoire, racontée par Oriane.
Avant d'être une association
Les Ailes d'Ava, c'est une association de protection animale qui a pour but d'aider les loulous dont personne ne veut, ceux qu'on a abandonnés, ceux qu'on ne comprend pas toujours, ceux pour qui les solutions semblent parfois ne plus exister.
Mais avant d'être une association, Les Ailes d'Ava, c'est avant tout Ava.
Et aujourd'hui, j'ai envie de vous raconter son histoire. Parce qu'elle a toute sa place ici. Parce que sans elle, rien de tout ça n'existerait.
Ava
Ava était une malinoise qui vivait dans un élevage.
Elle vivait enfermée quasiment 24 heures sur 24. Elle était ce qu'on pourrait tristement appeler une « poule pondeuse » : portée après portée, elle faisait des bébés qu'elle voyait ensuite partir.
On ne lui avait jamais vraiment appris à se promener, à découvrir le monde, à simplement être un chien. Elle avait très rarement mis les pattes dehors… sauf lorsqu'elle fuguait et finissait récupérée par la SPA.
Et puis un jour, Ava a fugué.
Et elle est arrivée jusqu'à moi.
Tout de suite, quelque chose s'est passé entre nous. Avec moi, mais aussi avec mon chien Cosmo. Je l'ai gardée une semaine, le temps de retrouver ses propriétaires.
Et pendant cette semaine, j'ai commencé à comprendre.
Son corps portait les traces de ce qu'elle avait vécu : des morsures, des brûlures au tisonnier, des blessures qui n'avaient pas été soignées et qui avaient fini par nécroser.
Et puis il y avait tout ce qui ne se voyait pas.
Ses réactions face à certains gestes. Certains bruits. Certaines situations complètement banales qui provoquaient chez elle des réactions disproportionnées.
Alors, j'ai décidé de me battre pour elle
Les démarches ont commencé. Ça a été presque un an de galères, de procédures et de combat, jusqu'au jour où Ava est officiellement passée à mon nom.
À la maison, Ava était un petit bonbon.
Une chienne remplie d'amour, incroyablement sensible, capable de sentir immédiatement quand quelque chose n'allait pas. Elle m'a accompagnée et aidée dans énormément de moments de ma vie.
Mais une fois dehors… Ava devenait une tornade.
Elle ne savait rien gérer.
La prédation, les mouvements, les stimulations, ses émotions… Chaque balade pouvait devenir un enfer.
J'ai essayé de trouver des solutions. Des comportementalistes, des éducateurs canins, différentes méthodes… mais avec Ava, tout était compliqué.
Et finalement, elle m'a obligée à travailler sur quelque chose auquel je ne m'attendais pas : moi-même.
Parce qu'en essayant de lui apprendre à gérer ses émotions, j'ai compris que moi non plus, je ne savais pas toujours gérer les miennes.
Et pour ça, je ne la remercierai jamais assez.
Son besoin de liberté
Mais il restait quelque chose de profondément ancré chez elle : son besoin de liberté.
Ava avait passé tellement de temps enfermée durant les premières années de sa vie que rester seule, enfermée quelque part, était devenu insupportable pour elle.
Alors j'ai sécurisé.
Les portes. Les fenêtres. Les ouvertures. J'ai installé des serrures pour éviter qu'elle puisse repartir.
Jusqu'au jour où elle a réussi à dessouder une sécurité.
Quand je suis rentrée chez moi, les fenêtres étaient grandes ouvertes.
Et Ava n'était plus là.
Je l'ai cherchée pendant des heures.
Puis je l'ai retrouvée sur le bas-côté.
Ava était partie.
Après
Et après sa mort, j'ai été en colère.
En colère contre moi.
En colère contre elle.
En colère contre les autres.
Parce que pendant tout ce combat avec Ava, je me suis sentie terriblement seule.
On m'a souvent dit de laisser tomber. Que je n'arriverais jamais à rien avec elle. Que je ferais mieux de l'abandonner, de la mettre à la SPA, que c'était trop compliqué.
Mais moi, je ne voulais pas abandonner Ava.
Ce dont j'avais besoin, ce n'était pas qu'on me dise d'abandonner.
J'avais besoin qu'on m'aide à trouver des solutions.
J'aurais voulu une structure capable de nous accompagner réellement. De comprendre son histoire, ses traumatismes, ses besoins, mais aussi mes difficultés à moi. Quelqu'un qui ne regarde pas seulement le problème, mais tout ce qu'il y avait autour.
Et finalement, c'est peut-être ça, le plus grand héritage qu'Ava m'a laissé.
Ce que nous voulons offrir
Parce qu'aujourd'hui, avec Les Ailes d'Ava, c'est exactement ce que je veux essayer d'offrir.
Je veux qu'on accompagne nos animaux de A à Z.
Qu'on ne se contente pas de les sortir de la rue, de les soigner puis de les faire adopter.
Je veux qu'on cherche la solution qui correspond réellement à chaque animal. Qu'on essaie de comprendre son histoire, ses traumatismes, ses besoins et sa personnalité.
Je veux qu'on les accompagne lorsqu'ils arrivent chez nous, mais aussi lorsqu'ils repartent dans leur nouvelle famille.
Je veux qu'on accompagne leurs gardiens.
Et je veux aussi, lorsque c'est possible, aider les personnes qui traversent des situations compliquées avec leurs animaux à trouver des solutions avant que l'abandon devienne la seule issue qu'elles imaginent.
Tout ça, c'est pour Ava
Pour lui rendre hommage. Pour la remercier de tout ce qu'elle m'a appris.
Ava a profondément marqué ma vie.
Elle l'a même complètement changée.
Et quelque part, aujourd'hui, chaque animal que l'association aide emporte avec lui un petit morceau de son histoire.
Parce qu'Ava m'a appris qu'un animal difficile n'est pas forcément un animal perdu.
Qu'il y a souvent une histoire derrière un comportement.
Qu'on peut chercher encore une autre solution quand toutes celles qu'on connaissait ont échoué.
Et surtout, qu'on ne devrait jamais abandonner quelqu'un simplement parce que son combat est plus compliqué que celui des autres.
Ava n'est plus là.
Mais ce qu'elle m'a appris, si.
Et j'espère qu'à travers Les Ailes d'Ava, elle continuera encore longtemps à changer la vie de nombreux animaux.
Aujourd'hui, Ava a ses ailes.
Et quelque part, elle les prête à tous ceux qu'on essaie, à notre tour, d'aider à s'envoler.
Ava
Quelques souvenirs.